Faisons la différence!


Quelle est la différence entre une parole sensée et une pratiquée? Je me posais cette question bien avant de faire la connaissance du monde réel, une petite virée dans le monde adulte. Résultat des courses: les paroles s’envolent et mais des vies en sont imprégnées.

J’aurai dans mon monde, prêché la paix, la joie, la satisfaction que procure une parole de tendresse quand on est au bord de la sécheresse, une attitude aimable quand on ne s’en sent point capable, ou encore un sincère sourire quand tout porte à s’aigrir. Aussi loin que je puisse remonter dans le temps de mes propos, je me souviens que mes propres discours ne me laissaient pas indemne, charmée par l’évidence des mots et creusée par leurs profondeurs. Je me revois ébranlée de l´intérieur, déchiquetée par mon évangile alléchant et impuissante pourtant c’était trop boulevardier; maintenant je sais.

cela ne s’enfile pas comme des perles, vivre l’amour.

Pour pouvoir avancer dans le réel du temps, j’ai dû faire dans la dentelle: ce que je savais et disais n´était pas le vrai de mon cœur. J’étais si peu prête à renoncer à « moi » et bien des fois! Si peu près de changer quoique ce soit autour de moi, du fait de mon aperception tripatouillée de l’artère vital des autres. Me voici à avoir les chevilles qui enflent, face à la concrétisation d´un projet de taille. De telles circonstances sont sujets d’allégresse, mais je ne fais guère mention de joie. Des crampes à l’estomac depuis des jours, point de sommeil à mes yeux: je dois renoncer à un rêve.

Vous me diriez que ça change la donne si quelqu’un d’autre venait à en être bénie. C’est ce que j’aurai dit dans mes discours de jadis. Mais renoncer à un si précieux bien m’enlève tout envie d’être ce que je dis être. Peu importe à vrai dire, si l’autre y trouve son compte. Y renoncer me tue davantage, car je me vois dans mes limites, non-fichue de déborder les franges pour un « nous » concret.

Ne pourrait-on pas épouser mon rêve pour en faire un monde?

Telle est ma pensée. Ma pensée après avoir conjurer de trouver l’équilibre, après avoir exhorter à tendre la main et étendre la mémoire pour rêver en commun. J’arrive à raccourcir mon bras pour planer toute seule, chose d’ailleurs impossible quand on parle de « nous ». En fin de compte, je prive le « nous » de vie  et pour moi-même, ne rien vivre.

Chose abracadabrante!

Mais il y a de l’espoir, alors je quitte mon perchoir. Je vais faire le pas, avec douleur, d’avorter une idée éclairée. Ce n’est pas sans traînées de larmes, aux autres, je vais ôter une partie du fardeau imposé. Je renonce à ce bout de « moi », pour donner de la puissance à mon Évangile, car j’y crois.

Pour des cœurs changés, j’y mets un morceau de chair, comme un sacrifice sur l’autel du bien. Prenez des mots, servez vous de mon offrande et ayez pleine espérance. Si je l’ai fait, tout le commun des mortels le peut.

Sinon à quoi sert la théorie, quand personne ne peut la démontrer?

 

Faisons la différence!

 

 

Tajobe, Weilheim, 25.10.2010

 

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